Microbiote, ce nouveau monde intérieur

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Vaincre.fr vous convie à un voyage à travers un monde encore inconnu . C’est un monde invisible, constitué de milliards de bactéries, qui vivent en symbiose avec nous. Ces bactéries influencent notre santé, notre humeur et même notre comportement. L’ensemble de ces bactéries constituent le microbiote.

 

Le microbiote, retenez bien ce mot, parce qu’il fera partie bientôt de toutes les conversations. Il annonce une révolution de la médecine, tout aussi importante que celle qui avait mené à la découverte du génome humain.

Le microbiote, c’est ce petit monde de micro-organismes invisibles à l’œil nu qui vivent partout sur nous et aussi à l’intérieur de nous.Autrefois on parlait aussi , de la flore intestinale ou des bactéries de l’intestin ou du colon.

Le microbiote humain est constitué de milliers d’espèces de micro-organismes différents, (bactéries, virus, archées…), dont la composition change selon son emplacement, qui peut être, la bouche, la peau, le vagin ou encore le tube digestif. Il est aussi complexe que le cerveau.

 

 

La découverte la plus spectaculaire est celle des formidables fonctions du microbiote intestinal. 

En effet,  il impacte directement notre santé. Les scientifiques parlent même d’un nouvel organe, dont on ignorait l’existence il y a encore 5 ans !

Cet organe pèse entre 1 et 2 kg et est situé dans l’intestin plus précisément dans le côlon. Contrairement aux autres organes, il n’est pas composé de cellules humaines, mais de micro-organismes. Au total, l’intestin héberge 100 000 milliards de bactéries, soit 10 fois plus que le nombre de cellules humaines, qui forment notre corps. C’est à peine croyable mais dans chaque gramme de contenu intestinal il y a autant de cellules microbiennes que l’on a de cellules humaines dans tout le cerveau.

 

 

Ces bactéries constituent un véritable écosystème avec lequel nous vivons en symbiose.On pourrait dire que nous sommes en réalité plus bactérien que humain.Ce microbiote fait une partie intégrante, non seulement de ce que nous sommes, mais aussi de qui nous sommes. Toutes ces bactéries interagissent entre elles, mais aussi avec la plus part de nos organes.Le microbiote affecte notre santé, nos humeurs et même nos comportements.

Cette alliance entre humains et bactéries, remonte à des centaines de milliers d’années. Quand l’espèce humaine est apparue sur terre, les bactéries étaient déjà là, depuis trois milliards d’années. Ce sont elles qui ont permis à l’homme d’évoluer vers sa forme actuelle. Durant des années , le mot « microbe » faisait référence à des infections, à un problème d’hygiène ou problèmes sanitaires, alors que la majeure partie du monde microbien est en réalité, bénéfique pour notre santé.Notre environnement est rempli de bactéries présentent, sur la peau ou les divers objets ,et il y a des échanges continus entre ces bactéries et nous ».

 

Mais saviez-vous que tout commence dès la naissance à la sortie du ventre de la mère ?

 En effet durant la grossesse, l’enfant grandit dans un environnement pratiquement stérile. En revanche au moment où il rompt le placenta, le nouveau-né est instantanément colonisé par les bactéries de sa mère. 

Toutefois, le type d’accouchement a un impact majeur sur le  microbiote intestinal. En effet, les nouveaux nés qui naissent par césarienne hébergent à 24 heures, donc dans les premiers moments de la colonisation intestinale, des micro-organismes essentiellement représentatifs du microbiote cutané, que leur mère porte sur sa peau. Alors qu’un nouveau-né, né par voie basse, par voie naturelle donc, possède un microbiote intestinal à 24 heures, qui ressemble en fait, plus au microbiotes vaginal et digestif de sa mère.Les scientifiques pensent que ces premiers instants de vie vont conditionner durablement, la composition du microbiote de l’enfant , voire de l’adulte.

 La naissance est un moment extrêmement important et le nouveau- né est alors exposée, à une étonnante diversité de bactéries vaginale. La nature a évolué, de manière à garantir aux mammifères, lorsqu’ils viennent au monde, d’être inoculé et recouvert de bactéries aussi bien à l’intérieur de son intestin, qu’à l’extérieur. Au moment de la naissance, ces bactéries enduisent tout le corps du nouveau-né et colonisent très vite son tube digestif. Ces bactéries du microbiote, se retrouvent également dans le lait maternel, ce qui va permettre au fur et à mesure de l’allaitement, la constitution du microbiote intestinal du bébé. 

La nature est bien faite, car le lait maternel contient également des sucres particuliers que bébé ne peut digérer seul. Les bactéries transformeront ces sucres appelés « oligosaccharides » en nutriments aisément assimilables par le bébé. Ainsi,  les bonnes bactéries bien nourries ,s’installent progressivement dans l’intestin, le microbiote de bébé devenant, plus fort et plus résistant. Voilà pourquoi acquérir la bonne communauté de bactéries naturellement est si importante pour le développement du bébé.

 

Toutefois, la constitution du microbiote du bébé, continue à s’enrichir jusqu’à environ 3 ans, grâce aux bactéries présentes dans l’environnement (présence d’animaux domestiques, contact avec le sol, la terre…). C’est donc également, une période cruciale qu’il ne faut pas rater.

Il ne faut pas être dans un monde sans microbes , car c’est d’être en contact avec le maximum de bonnes bactéries, qui assure au nourisson et au petit enfant, un microbiote bien diversifié ; Cet enrichissement en bactéries, étant limité dans le temps : de 0 à 3 ans environ. En effet, le système immunitaire de bébé se développe au fil de ces années et après 3 ans , il ne permettra plus aussi facilement la colonisation de l’intestin par d’autres bactéries. C’est en étudiant les effets de la naissance par césarienne, que les chercheurs ont compris à quel point, un microbiote riche, est essentiel au développement, d’un système immunitaire efficace. 

Un bon nombre d’études épidémiologiques montrent, que les naissances par césarienne, augmentent les risques de maladies modernes des enfants. Pour preuve, dans les pays du tiers monde ou dans les sociétés traditionnelles, des maladies comme la maladie cœliaque, l’asthme, les allergies, les désordres métaboliques, le diabète de type 2 et l’obésité sont en moindre quantité.

 

En effet, la césarienne prive le nouveau-né des précieuses bactéries vaginales de la mère, si bénéfique à sa santé. En réalité les enfants nés par césarienne, acquièrent principalement les bactéries présentes dans l’air de la salle d’opération et des bactéries provenant de la peau de sa mère. Ces bactéries qui se déposent sur le dessus des lampes, sur les murs, sont relâchées dans l’environnement de façon permanente. Or aujourd’hui, de plus en plus d’enfants naissent par césarienne et de plus en plus de nouveaux nés viennent au monde, sans la bonne communauté de bactéries. C’est une situation qui à l’âge adulte pourrait être lourde de conséquences. Aussi, plusieurs équipes de chercheurs dans le monde, tentent des expériences pour « restaurer le microbiote appauvri »,  lors des naissances par césarienne. Une des expériences a été de placer une compresse stérile, dans le vagin de la mère avant la césarienne. Cette compresse est ensuite conservée dans un contenant stérile et est utilisée, pour frotter le bébé dès sa naissance.Les premiers résultats sont prometteurs, car on a montré qu’ainsi, l’enfant acquiert ainsi une bonne partie des bactéries vaginales de la mère.

 

Pourquoi faut-il faire très attention aux antibiotiques durant les premières années de vie ?

La surutilisation des antibiotiques lors de la première année de vie, (au moment même où ce microbiote est le plus vulnérable), doit être bannie. L’utilisation excessive d’antibiotiques perturbent le microbiote. Cela peut altérer le développement du système immunitaire, avec parfois des effets permanents. Les antibiotiques sont des bombes chimiques, qui tuent souvent sans discrimination. Ces antibiotiques et autres médicaments, changent les équilibres naturels qui existent entre les espèces de bactéries de l’intestin, souvent au bénéfice des bactéries pathogènes, responsables des maladies du tube digestif, comme la colite ulcéreuse ou la maladie de Crohn. Les antibiotiques peuvent être nécessaires, parfois ils sauvent des vies, mais c’est dans une minorité de cas, les médecins sont donc de mieux en mieux informés.

Comme le microbiote d’un enfant parvient à maturité vers l’âge de trois ans, il apparaît de plus en plus essentiel qu’il ne soit pas miné par des antibiothérapies.Il faut bien garder à l’esprit que ce microbiote sera la signature bactérienne personnelle, de votre enfant et ce, pour le reste de sa vie.

 

Notre microbiote, notre nouvelle empreinte digitale

Les micro-organismes du microbiote intestinale surpassent en nombre les cellules du corps humain  et « nous ne pourrions pas vivre sans eux ». Les nouvelles études sur le  microbiote intestinale,  ont permis de remettre ses lettres de noblesse à l’intestin. Cet organe remplit les mêmes fonctions d’une personne à l’autre, en revanche ce travail peut être assurée par différentes bactéries, ainsi la composition du microbiote est propre à chaque individu, exactement comme une empreinte digitale.

C’est aussi , ce qu’on appelle un effet de niche, c’est à dire que comme des bactéries sont déjà là, elles empêchent les autres bactéries de venir prendre leur place. Un peu comme dans le métro, si tous les sièges sont occupés, il est difficile de demander à une personne de se lever pour s’asseoir, néanmoins il est possible de trouver une place assise. Ainsi, certaines bactéries peuvent venir coloniser notre microbiote et y rester très longtemps.

Ce mécanisme est à l’origine d’une découverte fondamentale. Il a pour acteurs des lignées de souris minces et d’autres de souris obèses. En mettant les minces dans les cages des obèses, on s’est rendu compte qu’elles se mettaient à grossir. Explication: au contact des crottes des souris obèses, les souris minces avaient été colonisées par leurs bactéries intestinales. Depuis, les chercheurs explorent le rôle de ces bactéries et vont de surprise en surprise.

 

Les progrès fabuleux du séquençage du génome des bactéries du microbiote intestinale.

Avant la découverte du microbiote, les bactéries intestinales intéressaient surtout les spécialistes de l’INRA de la rumination des bovins. Toutefois, le décryptage du microbiote intestinal était un défi il y a quelques années. En effet, avant 2010 notre écosystème digestif,était une terre inconnue car plus de 80 % de nos bactéries ne peuvent survivre hors de l’intestin. Il était donc impossible de les étudier en laboratoire. Des scientifiques de l’INRA, y sont parvenus en 2010 grâce à la « métagénomique » c’est-à-dire le séquençage direct de l’ADN bactérien , présent dans les selles, afin d’obtenir  une description des gènes présents. Pour mieux comprendre, les micro-organismes que l’on retrouve dans les selles, sont également ceux qui colonisent notre colon. Donc, en analysant leur gène dans les selles, on connaitra avec précision, tous les micro-organismes qui constituent notre microbiote. 

Nous savons que l’analyse des selles nous ouvre une fenêtre, qui va jusqu’à la bouche, parce que si vous mangez un yaourt aujourd’hui et qu’on analysait vos selles le lendemain, on pourrait dire que vous avez mangé un yaourt grâce aux lactobacillus, retrouvés en grande quantité. Les selles sont donc une matière bien vivante. Les deux tiers de leur poids sont composés de bactéries entraînées hors du corps par la digestion. Une fois préparé et traité, on peut ainsi récupérer l’ADN, de toutes les bactéries contenues dans les selles d’une seule personne.

 

 

Les études qui permettent de connaitre le rôle du microbiote

En comparant le développement de souris standard, avec un microbiote normal, et des souris dites axéniques, sans microbiote intestinal, les chercheurs ont démontré pour la première fois, le rôle des bactéries de la flore intestinale. Par exemple, des études ont prouvées, que le système immunitaire des souris axéniques, (sans microbiote intestinales), était défaillant. Plus ces recherches avancent, plus on découvre de nouveaux liens entre le microbiote intestinal et notre corps. En effet, des quantités de messages chimiques sont échangés entre nos bactéries et nous.Pour écouter ce dialogue, l’INRA a utilisé un robot, une sorte de machine à écouter les conversations entre le microbiote et nous.

 Il restera ensuite à comprendre, le rôle de ces communications chimiques dans le fonctionnement du corps humain. On savait déjà que l’intestin était entouré d’un gigantesque réseau de neurones, on savait aussi que des nerfs le reliait au cerveau, en revanche, on commence seulement à entrevoir l’influence des bactéries intestinales sur notre comportement. Les bactéries et autres micro-organismes qui composent cet organe sont capables de synthétiser des tas de substances qui ressemblent beaucoup aux neurotransmetteurs, que notre corps utilise pour dialoguer entre ses différents organes.

Par exemple, en plaçant dans des situations de stress, des rongeurs avec ou sans microbiote intestinale, la réponse au stress n’est pas la même. Confrontés à un espace inconnu, les rongeurs hésitent entre deux comportements, la curiosité ou la prudence. En l’absence de microbiote, l’animal s’aventure sur la partie dégagée comme s’il n’avait plus la même conscience du danger. On a démontré ainsi que « le comportement d’une souris axénique est beaucoup moins prudents que le comportement d’une souris (normale) colonisée avec un microbiote intestinal.

C’est comme si une bactérie qui vivait dans l’intestin d’une souris, lui demande d’être un peu plus prudente, parce que si elle meurt, la bactérie aussi. 

On peut interpréter cette coopération, cette symbiose, comme quelque chose qui optimise la survie des deux partenaires : nous (l’hôte) et notre microbiote. Plus surprenant encore quand l’expérience consiste à intervertir le microbiote entre deux lignées de rongeurs (lignée sans microbiote, lignée avec microbiote). Le résultat le plus troublant a été obtenu en croisant les microbiotes de rats naturellement dociles et de rats plus agressifs. L’échange de microbiote entre ces deux races rendra la race docile agressive et la race agressive plus docile. 

A ce jour on n’a pas d’explication à ce phénomène, on ne sait pas comment le microbiote agirait sur le comportement. Jusqu’à quel point sommes-nous influencés par nos bactéries ? Quelle est la part bactérienne de notre personnalité ?

Tous les jours on héberge 100 000 milliards de bactéries dans notre intestin, qui dialoguent en permanence avec nos cellules, et ce dialogue-là est encore très mal connu. A terme, les chercheurs espèrent trouver des clés, pour mieux comprendre nos pathologies et pourquoi pas parmi elles, certaines maladies mentales.

Vaincre.fr , va vous informer chaque semaine, sur les avancées dans ce domaine prometteurs du microbiote intestinale.

 

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